Le nouveau monde et le homard !

 

De prime abord, le nouveau monde et le homard n’étaient pas faits pour se rencontrer, mais les folles soirées de l’hôtel de Lassay en ont décidé autrement.
Le nouveau monde est un concept imaginé par la République en Marche, il se posait en rupture totale avec les pratiques de l’ancien monde : la rigueur, la transparence, la probité et l’honnêteté allaient guider les pas de cette nouvelle formation politique. Las, ces beaux engagements ont vite été oubliés par certains : François de Rugy, du temps où il présidait l’assemblée nationale, a organisé, d’après les révélations de Médiapart, des diners somptueux dans les salons dorés de l’hôtel particulier que la république mettait à sa disposition. Ces diners réunissaient, toujours d’après Médiapart, surtout des amis du couple de Rugy, la table débordait de grands crus et de plats raffinés, en particuliers des homards. Comme ces nouveaux riches, éblouis par leur réussite, étalant avec ostentation leur fortune au vu et au sus de tous, François de Rugy s’enivrait des fastes des palais de la république et de la qualité de leurs cuisines pour le plus grand plaisir de ses amis.
Comment ce chantre du nouveau monde a-t-il pu se conduire d’une manière aussi désinvolte et inconsciente ? Financer avec l’argent public, celui des contribuables, des réceptions privées est en totale rupture avec le discours sans cesse rabâché par LRM. Pour comprendre cette contradiction, il faut se souvenir de la façon dont cette nouvelle formation politique a été constituée : elle n’avait aucune histoire, pas de structures, pas de militants, alors le petit groupe qui entourait le candidat à la présidence de la république est allé débaucher, à droite et à gauche, des ambitieux cyniques et sans conviction : ceux qui étaient issus de la gauche ont soutenu sans état d’âme un projet politique en totale opposition avec ce qu’ils prônaient jusque-là. François de Rugy est l’exemple le plus emblématique de ces transfuges : il s’était présenté à la primaire de la gauche, avait signé la charte de celle-ci où il s’engageait à soutenir celui qui serait désigné candidat. Peu après, sans le moindre scrupule et avec un immense cynisme, il reniait sa signature et ralliait Emmanuel Macron.
Pris dans la tourmente et attaqué de toutes parts, François de Rugy a tenté d’allumer un contre feu médiatique en contraignant sa directrice de cabinet à démissionner parce qu’elle occupait indument un logement social, alors que lui avait fait bien pire. S’il espère se sauver en se montrant brutal et injuste envers sa subordonnée, c’est raté : en fait, il s’enfonce encore un peu plus.
Ces gens vaniteux et inconséquents, éblouis par une victoire totalement inespérée, se croient tout permis, ils s’exonèrent de la rigueur qu’ils imposent aux français. Ils n’ont rien appris ni rien compris des mouvements sociaux en général, et de celui qui agite la France depuis octobre 2018 en particulier : les agissements de François de Rugy constituent une provocation irresponsable envers les français qui souffrent. De tels comportements abiment l’image des femmes et des hommes politiques et portent un coup sévère à la démocratie qui se doit d’être exemplaire.
C’est ainsi que quelques homards servis sur la table de l’hôtel de Lassay ont gravement cabossé l’image de l’ancien président de l’assemblée nationale et montré que le nouveau monde était pire que l’ancien.

 

Victor PECASTAING

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