Violences faites aux femmes

 

Depuis le premier janvier 2019, 74 femmes ont été tuées par leur compagnon, 74 femmes sont mortes des conséquences des violences perpétrées par celui qui partageait leur vie ou celui qui l’avait partagée. Beaucoup de femmes ont perdu la vie sous le regard horrifié de leurs enfants, traumatisés à jamais par les violences subies par leur maman : ces terribles images resteront gravées à jamais dans leur mémoire et les hanteront toute leur vie.
Face à l’ampleur de l’émotion suscitée par ce terrible bilan et les nombreuses manifestations organisées en France, Marlène Shiappa, la secrétaire d’état à l’égalité entre les femmes et les hommes, a proposé d’organiser un Grenelle des violences conjugales. Cette proposition a été accueillie avec scepticisme par les organisations dénonçant les violences dont sont victimes les femmes. Ce fléau, ses causes et ses effets, sont connus de la police et de la justice ainsi que des pouvoirs publics, les mesures à prendre pour le combattre le sont également, il suffit de regarder ce qui se passe en Espagne et de s’en inspirer : dans ce pays le nombre de victimes a été presque divisé par deux grâce à des mesures et des moyens financiers adaptées pour combattre cette violence. En réalité, il s’agit d’un problème de budget, là où le gouvernement attribue 74 millions d’euros pour éradiquer ces violences, les organisations luttant contre les violences faites aux femmes estiment qu’il faudrait mobiliser environ 500 millions d’euros (Journal Sud-ouest du 7 juillet). L’organisation d’un Grenelle des violences conjugales permet de gagner du temps et de montrer à l’opinion publique que l’on est conscient du problème sans pour autant mobiliser les moyens nécessaires pour venir en aide à ces nombreuses femmes qui sont en danger de mort en raison du comportement violent de leur compagnon.
La société toute entière doit se mobiliser pour venir en aide à ces femmes : il est inadmissible que des hommes usent de leur force physique pour intimider, brutaliser voire tuer leur compagne ou ex compagne. Nous devons nous montrer inflexible dans notre détermination face à des mouvements d’extrême droite qui trouvent des excuses aux comportements des hommes violents ; ceux-ci seraient victimes de féministes radicalisées comme le clame l’extrême droite espagnole (Vox). C’est pourquoi, la police, la justice, les associations, les syndicats et les élus, toutes tendances confondues, doivent faire cause commune pour vaincre ce fléau qui n’a pas lieu d’être dans un état de droit : avoir une conduite exemplaire envers les femmes est un préalable indispensable dans ce combat pour le respect de la vie de la moitié de la population.

Victor PECASTAING

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