Quelques réflexions sur la réalité du moment

Le rétablissement de l’ISF et les 80 Km/H.
Le président de la république a refusé de remettre en cause la suppression de l’ISF sur les revenus financiers, par contre il n’est pas opposé à un retour au 90 Km/H sur les routes françaises. Les « gilets jaunes » réclament avant tout une répartition plus juste des revenus. On peut douter que le retour aux 90 Km/H permette d’améliorer leurs conditions de vie. Est-ce une tentative de diversion pour éluder les véritables problèmes et ne pas revenir sur les décisions des dix-huit premiers mois du quinquennat ? Le doute est permis.

Les institutions et les inégalités.
Notre pays connaît une crise sociale et politique dont la gravité et la durée inquiètent à juste titre tous les français attachés à la république, à l’état de droit et à la démocratie représentative. Force est de reconnaître que les inégalités ont atteint un niveau insupportable, comparable à celui qui prévalait au début du vingtième siècle. Afin d’assurer la pérennité de nos institutions il est du devoir de nos gouvernants de réduire le niveau d’inégalité qui a joué le rôle de détonateur dans la crise actuelle. Eugène Varlin, communard fusillé par les versaillais, déclarait : « Tant qu’un homme mourra de faim aux portes d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. » Ce constat est toujours d’actualité dans la France de 2019. Il appartient au gouvernement d’apporter de la stabilité dans les institutions de la France. Les cafouillages récents, les propos contradictoires des uns et des autres font douter de sa capacité et de sa volonté à gérer une crise qu’il a provoquée.

Pauvreté en France.
Un jeune sur cinq est pauvre et un sur dix très pauvre. Cette situation est terrible non seulement pour ces jeunes mais également pour l’ensemble de la société française. Des inégalités très importantes minent la fraternité et altèrent la cohésion sociale.
Des études sociologiques ont montré que jusqu’en 1980 les français ne se privaient pas de nourriture, aujourd’hui, sur les ronds-points, certains gilets jaunes avouent sauter un repas plusieurs fois par semaine. Toujours en 1980, 52% des ouvriers étaient propriétaires, aujourd’hui ce pourcentage est tombé à 30%. Les dépenses contraintes représentent 70% des revenus des plus modestes cela entraine une fragilité économique importante de ces classes sociales. Le nombre de SDF est plus fort que jamais, environ 140000, en progression de 50% sur dix ans malgré l’engagement du président de la république qui déclarait à Orléans le 27 juillet 2017 : « Je ne veux plus voir des femmes et des hommes dans les rues et les bois ou perdus ». Les hommes politiques doivent tenir leurs promesses pour que la démocratie se perpétue et qu’ils conservent la confiance des citoyens. Enfin, les français aux revenus les plus modestes ont la certitude que leurs enfants seront encore plus maltraités par la société qu’ils ne l’ont été. La reproduction sociale est très forte dans notre pays car l’ascenseur social est en panne : les enfants héritent très souvent de la position sociale de leurs parents.
De nombreux sociologues ont tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps. Ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé connaissaient le niveau intolérable des inégalités mais ils n’ont pas osé rompre avec la doctrine de l’ultralibéralisme qui ravage le monde et menace la démocratie avec la montée du nationalisme et l’émergence des démagogues de tout poil avec un discours essentiellement basé sur la peur.
Il ne faut pas chercher ailleurs les causes du mouvement des gilets jaunes. Il s’agit d’une révolte de la précarité et de la pauvreté de la part de gens qui se sentent méprisés par les élites. On doit dénoncer avec la plus grande fermeté la violence d’où qu’elle vienne mais il faut impérativement prendre des mesures pour réduire les inégalités entre les plus fortunés et les pauvres.
Franklin Roosevelt avait fait écrire dans la charte de Philadelphie : « La pauvreté où qu’elle existe constitue un danger pour la prospérité de tous. » C’était en 1944 mais ce constat est toujours d’une cruelle actualité.

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