Un gouvernement pro-business et antisocial

Les vacances s’achèvent et la rentrée s’annonce difficile pour les français les plus modestes, ceux qui n’ont pas la chance de compter parmi les premiers de cordée tant loués et admirés par notre Président de la République.
Le premier ministre a rendu publique la liste des mesures que le gouvernement s’apprête à prendre afin de parvenir, coûte que coûte, à boucler le budget 2019 compte tenu d’une croissance plus faible que celle escomptée et donc de recettes fiscales moindres.
La potion est amère puisque les APL, les prestations familiales, les pensions de retraite seront revalorisées de 0,3 % en 2019 et en 2020 alors que l’inflation s’établit à 2,3 % sur un an au mois de juin. Cela fait une perte d’environ 2 % pour toutes les personne qui perçoivent ces aides et les nombreux retraités que compte notre pays. Édouard Philippe justifie ces mesures par la volonté de faire en sorte que le travail paie davantage et incite les chômeurs à trouver un emploi. Ces mesures sont injustes socialement et contre productives économiquement. Le gouvernement diminue les revenus de millions de français parmi les plus modestes alors que dans le même temps les dividendes versés aux actionnaires explosent : jamais ils n’ont atteint un tel niveau : ils sont les plus élevés d’Europe. Par ailleurs le principal moteur de la croissance française est la consommation des ménages, en réduisant significativement les aides sociales et le montant des retraites le gouvernement porte un coup sévère au dynamisme économique de la France et à la création d’emplois.
Le premier ministre est un adepte de la théorie du ruissellement qui préconise de favoriser les plus fortunés pour qu’ils redistribuent aux plus modestes quelques miettes, en un mot il faut que les riches soient beaucoup plus riches pour que les pauvres le soient un peu moins pauvres, ce qui reste à vérifier. Cette théorie n’a jamais fonctionné depuis qu’elle a été énoncée au XIX siècle ; pour des adeptes du nouveau monde cette passion pour des idées pluriséculaires est surprenante.
Par ailleurs, Muriel Pénicaud, ministre du travail, a déclaré que faire payer aux entreprises le coût des arrêts maladie casserait l’image pro-business du gouvernement : on ne saurait être plus clair !
D’un côté le gouvernement se montre très attentif aux intérêts de « ceux qui s’enrichissent en dormant » comme disait François Mitterrand et très dur avec ceux qui n’ont pas une vie toujours facile et des fins de mois qui sonnent creux.
Les socialistes doivent soutenir les classes sociales modestes dans leur lutte pour un meilleurs partage de la richesse produite. Nous ne pouvons limiter notre ambition à gérer le présent mais nous devons transformer la société et les rapports sociaux afin que chaque être humain retrouve sa dignité et sa joie de vivre.
Le parti socialiste doit être le fer de lance de la transformation sociale et du progrès collectif. Fédérico Garcia Lorca disait : « je serai toujours être du côté de ceux qui n’ont rien et à qui on n’accorde même pas la dignité de ce rien ». C’est de ce côté-là que doit se situer le parti socialiste.

​​​​​​​Victor PECASTAING

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