Les populistes instrumentalisent l’immigration

L’immigration constitue-t-elle un danger pour les pays riches ?
Une première constatation s’impose : si des personnes prennent des risques insensés pour venir en Europe, aux Etats-Unis, en Australie et au Canada c’est pour fuir la pauvreté qui sévit dans leur pays. La communauté internationale ne s’est pas préoccupé d’une répartition équitable des richesses entre les divers pays de la planète, elle a laissé libre cours au libéralisme économique qui a fait exploser les inégalités. Les yeux rivés sur les courbes de croissance, les dirigeants des pays riches n’ont pas perçu le danger de ce déséquilibre économique et le piège du populisme s’est refermé sur eux.
Les partis d’extrême droite exploitent le drame de l’immigration à des fins politiciennes. Ils ont recours à la démagogie et la peur pour se poser en rempart contre la « vague migratoire » ainsi qu’ils aiment la nommer. Ils présentent les immigrés comme des délinquants qui ont pour but de s’emparer des richesses des pays dans lesquels ils débarquent.
Ainsi a-t-on vu le président des Etats-Unis décider de séparer les enfants d’immigrés de leurs parents comme au pire moment de notre histoire quand les nazis séparaient les enfants de religion juive de leurs parents avant de conduire vers les camps de la mort et un ministre italien refuser à un bateau chargé d’hommes, de femmes et d’enfants, ayant vécus un enfer sur de minuscules embarcations, le droit d’accoster dans un port de la péninsule. Les dirigeants de certains pays de l’Europe de l’est veulent bien recevoir les fonds européens mais surtout pas des immigrés. L’adhésion à l’Europe ne peut être partielle selon le bon vouloir des dirigeants de certains pays.
Entendre le président des Etats-Unis dénoncer l’immigration est paradoxal quand on sait que ce pays s’est en partie construit à partir de l’immigration forcée et violente des africains arrachés à leur terre natale par des négriers barbares et cupides.
Penser que l’on peut faire cohabiter, si besoin par la force, des peuples géographiquement proches avec des niveaux de vie différents est utopique. Les inégalités entre les peuples ont toujours conduit à des affrontements violents, n’oublions pas que les barbares ont envahi Rome et que tous les murs du monde, même les plus hauts, ne dissuaderont jamais les hommes d’aller là où ils pensent être plus heureux.
Michel Rocard avait bien résumé le problème en disant que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais doit en prendre sa juste part, c’est pourquoi l’Europe ne peut laisser l’Italie, l’Espagne et la Grèce gérer seules les flux de migrants. En même temps il faut lutter contre les passeurs qui exploitent les immigrés.
Enfin, il n’existe pas de solutions simples voire simplistes à des problèmes compliqués comme le clament l’extrême droite et ceux qui lui courent après. La seule solution consiste à mieux répartir la richesse mondiale en favorisant le développement des pays du sud : on ne pense pas à immigrer quand on est heureux dans son pays de naissance. La solidarité entre les pays et une juste répartition des richesses sont les meilleurs remparts contre tous les dangers qui menacent la paix et le bonheur des peuples.

Victor PECASTAING

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